L'énergie est un bien précieux, ce dont l'opinion publique a de plus en plus conscience. Mais si on connaît de nos jours la consommation énergétique des voitures ou des réfrigérateurs, il arrive encore bien souvent que l'on achète une maison chat en poche, ce qui ne devrait pas être le cas. Le certificat énergétique SIA fournit toute la transparence nécessaire à cet égard.

Si l'industrie américaine ne se porte pas bien, ce n'est pas seulement en raison de la crise financière, mais aussi parce qu'elle a négligé de développer des modèles de voiture économiques en termes de consommation de carburant. Or, même les Américains ne sont plus disposés à acheter des voitures qui gaspillent un carburant de plus en plus cher. Le fait que les prix du pétrole brut aient baissé sous l'effet de la crise financière et des annonces de récession n'ont pas changé grand-chose à l'état d'esprit des consommateurs. Ils ont enfin pris conscience de la consommation énergétique de leur propre véhicule et sont déterminés à la réduire.
Dénoncer les énergivores Mais là où la prise de conscience est toujours insuffisante, non seulement en Amérique mais également en Suisse, c'est au niveau de la maison individuelle. C'est d'autant plus étonnant que le parc immobilier de la Suisse est responsable de la moitié de la consommation énergétique de notre pays. En effet, on y trouve de véritables énergivores. La Société suisse des Ingénieurs et des Architectes (SIA) propose néanmoins depuis 2009 un instrument qui devrait apporter de la lumière sur cette question : il s'agit du certificat énergétique des bâtiments. Celui-ci comprend une méthode de mesure ou de calcul homogène servant à déterminer la
consommation d'énergie des maisons. La réduction des gaz à effet de serre étant tout aussi importante, le certificat énergétique SIA indique aussi les émissions liées à la consommation d'énergie.
Pour le moment, l'utilisation du certificat énergétique est encore facultative. Le rendre obligatoire relèverait de la compétence des cantons. Toutefois, il faut partir du principe qu'une obligation de fait va en résulter sur le marché libre. En effet, de plus de plus de gens souhaitent savoir, au moment d'acheter une maison, à combien s'élèvera leur facture énergétique. A l'avenir, la consommation énergétique et les émissions de CO² d'une maison seront donc les critères principaux qui décideront si un bâtiment peut se vendre et à quel prix. Tous les gens conscients des problèmes de l'énergie et soucieux de réduire leur facture énergétique exigeront à l'avenir le certificat énergétique des bâtiments de la SIA.
Calculer ou mesurer Conformément aux normes européennes, l'établissement du certificat énergétique des bâtiments nécessitera le calcul ou la mesure de la consommation énergétique totale et des émissions de CO² sur une année. L'indice énergétique d'un bâtiment est le rapport entre ce résultat et la surface utile. La détermination de la consommation énergétique par le calcul repose sur une modélisation du bâtiment ainsi que sur des conditions d'environnement et un comportement du consommateur standardisés. La réalisation d'une mesure est certes plus simple, mais le résultat dépend beaucoup du comportement spécifique du consommateur et des données climatiques, ce qui rend toute comparaison entre les deux méthodes difficile. On calcule l'énergie nécessaire notamment pour le
chauffage d'une pièce, la production d'eau chaude, l'aération, l'
éclairage et d'autres éléments de la domotique. Toutes sortes d'équipements tels que les
réfrigérateurs, les
lave-linge, l'électronique grand public et l'informatique en font également partie.
Un critère de comparaison Le certificat énergétique des bâtiments permet de comparer entre elles des maisons au niveau de leur consommation énergétique et de leurs émissions de CO². Avec lui, on peut déterminer tout ce qui est possible au niveau technique. Pour cela, on compare le résultat figurant dans le certificat énergétique avec la consommation énergétique d'une maison qui répondrait aux normes et prescriptions actuelles et exploiterait toutes les possibilités techniques actuelles.
Le certificat énergétique des bâtiments devient donc un instrument efficace sur le marché pour économiser de l'énergie et des coûts. Il aide surtout les propriétaires à contribuer de manière notable, au niveau de leur propre construction, à la stimulation de la durabilité.