Le sol pour stocker l'énergie
Pour réduire les émissions de CO² du parc immobilier, l'exploitation de ressources naturelles locales s'impose. Les rayons du soleil fournissent l'énergie thermique souhaitée tandis que le sol assure le stockage saisonnier des excédents.

(knü) Si le soleil et la chaleur ne manquent pas en été, l'hiver ils se réduisent à peau de chagrin. Voici quelques années, l'usage de grands réservoirs d'eau souterrains était considéré pour le stockage saisonnier de l'énergie ; désormais, c'est toutefois le sol qui se présente comme un lieu de stockage intermédiaire idéal pour les excédents de chaleur. Des projets pilote sont d'ores et déjà en construction pour stocker l'énergie locale sous la terre et alimenter divers bâtiments en chaleur et en froid selon les besoins. L'élargissement actuel du campus universitaire de Zurich situé sur le Hönggerberg est ainsi combiné à un champ thermique souterrain. Dans un autre quartier de Zurich également, la capacité de stockage thermique du sous-sol est désormais exploitée pour pourvoir aux besoins énergétiques d'un immeuble d'habitation toute l'année durant grâce aux ressources locales. Dans l'agglomération zougoise, le complexe immobilier du « Suurstoffi » se transforme en « lotissement entièrement neutre en CO², entre autres grâce aux accumulateurs thermiques saisonniers », explique Roland Grab, spécialiste de la planification en technique du bâtiment auprès de l'entreprise Hans Abicht AG. Au lieu de l'énergie solaire, qui représente la source de chaleur la plus répandue, on y recourt avant tout à des sources internes. Ainsi, le restaurant et le centre de fitness intégrés au complexe produisent une chaleur résiduelle utilisable ; de cette manière, les surfaces des toits peuvent accueillir des cellules photovoltaïques permettant de fournir le courant solaire requis pour alimenter les pompes à chaleur supplémentaires nécessaires.
Un investissement efficace à long terme
Roland Grab espère que d'ici à dix ans, les accumulateurs saisonniers seront la norme. Au niveau technique, il suffit de pompes à chaleur et de maisons bien isolées. Au niveau économique, de grands investissements ont déjà été effectués : Roland Grab estime que le prix du stockage thermique individuel - calculé sur une durée d’amortissement de 30 ans - est inférieur de 75 % à celui d'un chauffage fonctionnant à l'énergie fossile. « Dans le complexe du Suurstoffi, la réalisation du champ de stockage thermique est l'initiative du maître d'ouvrage, qui défend une vision des investissements à plus long terme et axée sur la durabilité. »
Dernière actualisation:
30.03.2011

