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Assurer l'entretien - la durée de vie des éléments de construction

Rien ne dure indéfiniment – ce principe s'applique tout particulièrement aux immeubles d'habitation. Si par définition, les bâtiments d'infrastructure jouissent d'une grande longévité, il en va très différemment des cycles d'entretien des bâtiments d'habitation.
  
Pour les propriétaires de maisons ou d'appartements, le défi consiste à coordonner les cycles de rénovation.(stö) La longévité de l'ossature d'une maison peut varier entre 50 et 200 ans. Actuellement, le cycle de rénovation des parties du bâtiment exposées tels que les revêtements de sol textiles se chiffre à dix années, voire moins selon l'usure. De plus, l'objectif des travaux d'entretien est de préserver non seulement la substance du bâtiment, mais aussi sa valeur qui, le cas échéant, diminue avec le temps. Toutefois, l'évolution des besoins, une gestion plus économe de l'énergie ou tout simplement les phénomènes de mode entraînent diverses transformations architectoniques. Dans ce domaine également, il faut savoir que l'exploitation des bâtiments demeure constante durant 10 à 20 ans, ce qui représente en soi un cycle très bref.


Mieux vaut prévenir que guérir
Pour les propriétaires de maisons ou d'appartements, le défi consiste à coordonner les cycles de rénovation de telle sorte que les travaux d'entretien et de rénovation puissent être entrepris simultanément, dans la mesure du possible. Principe fondamental: mieux vaut prévenir que guérir. Cette devise s'applique surtout aux endroits où l'humidité entre en jeu.
Dans le cas d'ouvrages dont la longévité peut atteindre 200 ans, il faut savoir que celle-ci dépend en grande partie de la structure de la construction. Ainsi, une maison individuelle en préfabriqué n'affichera jamais une performance équivalente sans mesures d'entretien; en revanche, les bâtiments historiques résistent relativement bien à l'usure du temps durant plusieurs siècles.
 
Comment procéder ?
Lorsque vous envisagez des travaux d'entretien qui ne sont pas seulement d'ordre esthétique, il est recommandé de recourir aux services d'experts pour faire l'inventaire des travaux requis. Ceux-ci établissent une vue d'ensemble des travaux et aident à coordonner les cycles de rénovation, ce qui peut contribuer à alléger le budget. Il n'empêche qu'une fois les travaux de transformation ou de rénovation achevés, le bâtiment devra subir l'examen d'un expert après quelques années: en effet, de tels travaux peuvent avoir des répercussions sur la physique du bâtiment. Ainsi, lors de l'installation de nouvelles fenêtres plus isolantes, il faudra tabler sur une augmentation du taux d'humidité relative à l'intérieur. Les spécialistes décèlent de tels problèmes à temps et proposent aux propriétaires des mesures appropriées.


Cycles de rénovation
Outre la construction portante, les cycles de rénovation des éléments de construction peuvent être classés en trois catégories :
 
Cycles d'entretien et de rénovation courts – 5 à 10 ans :
Ils s'appliquent aux peintures exposées à l'intérieur ou aux appareils électroménagers tels que le chauffe-eau (détartrage), mais aussi les moquettes ou tapisseries ainsi que les appareils et ustensiles de cuisine.
 
Cycles moyens – 10 à 20 ans :
Les enduits de façade, l'équipement de cuisine, installations de chauffage, lave-linge et composantes des installations sanitaires présentent une longévité moyenne. Les portes et les fenêtres jouissent généralement d'une longévité supérieure à 20 ans; toutefois, leur remplacement doit être envisagé à court terme.
 
Cycles longs – 20 à 30 ans :
Cette catégorie comprend notamment les crépis, conduites et revêtements de sol en parquet, dalles ou pierre. Les façades en matériaux modernes tels que l'aluminium ont une grande durée de vie; il faudra cependant vérifier régulièrement l'état d’éventuelles fissures.
 
Toits :
En fonction de leur structure, les couvertures de toits constituent une catégorie à part. La longévité d'un toit en tuiles peut atteindre 50 ans, alors que les toits plats doivent subir des contrôles plus fréquents.


Des provisions pour l'entretien
Les propriétaires d'une maison ou d'un appartement effectuent des provisions pour les travaux d'entretien à court et long terme. Les experts recommandent un montant annuel représentant 1,5 à 2 % des frais de construction. Cette somme n'inclut cependant pas les frais d'amortissement. Ainsi, on peut partir du principe que le montant dépensé pour la construction d'un bâtiment doit être réinvesti pour son entretien au cours des 50 à 65 années suivantes.
 
Constructions Minergie
Dans le cadre de rénovations plus importantes, le standard Minergie est une option qu'il convient de considérer. Ce dernier permet des économies de frais d'énergie ; en outre, depuis 2010, la Confédération débloque 280 à 300 millions de francs par an pour l'assainissement des enveloppes du bâtiment et l'utilisation d'énergies renouvelables dans le domaine du bâtiment (à condition que la construction soit antérieure à l'an 2000). En outre, l'utilisation de modules Minergie permet d'échelonner la modernisation du bâtiment. Ces modules certifiés garantissent également une qualité Minergie dans chaque partie du bâtiment et dans chaque composant domotique.

Des sommes gigantesques pour l'entretien des bâtiments d’habitation
À elle seule, la valeur des bâtiments d'habitation se monte à 1'550 milliards de francs. Actuellement, les frais d'entretien annuels de ces bâtiments affichent environ 10,5 milliards de francs, soit 1'350 francs par habitant. D'ici 2030, cette dépense atteindra les 15 milliards de francs par an. À cela viennent s'ajouter des investissements de 8 milliards de francs par an dans le domaine de la construction de logements, dont 5,4 pour l'assainissements énergétique des enveloppes de bâtiment et des installations de chauffage. Ces chiffres sont fournis par le Fonds National suisse (NF) dans le cadre de l'étude du programme de recherche national intitulée « Développement durable de l’environnement construit » (NFP 54) publiée début février 2011.
 
Pas de retard d’assainissement des logements
Lors de la construction de logements locatifs, les investissements de rénovation sont dictés en premier lieu par le marché. Lorsque le marché exige des investissements préservant la valeur ou générant de la plus-value, ceux-ci exécutés. Dans pareil cas, le financement est généralement assuré. Pour les logements en propriété, la situation est différente : en effet, ce sont les propriétaires qui décident en premier lieu de l'ampleur et du moment des mesures de rénovation. La nécessité technique ou la rentabilité sont moins déterminantes que la liquidité, le mode de vie personnel ou les exigences de confort personnelles. Dans l'ensemble, il n'y a pas de retard d'assainissement dans le domaine du logement. (stö)



Texte : infomaison

Image : ImagePoint (Hans Dora)

Dernière actualisation: 03.03.2011